La petite apocalypse, Tadeus Konwicki, préface de Costa-Gavras, éditions du Typhon


Nous voudrions te proposer quelque chose. Au nom de tous les camarades... Que, ce soir, tu te fasses brûler devant l'immeuble du comité central du Parti. Dans une Varsovie dédalesque et dévoreuse, plus personne ne croit en rien, si ce n'est en l'absurde. Le narrateur, un écrivain qui n'écrit plus, décide donc de réfléchir sérieusement à cette proposition : se sacrifier pour une cause perdue d'avance. Il se donne 24 heures lors desquelles il rencontre les hommes qu'il aimait détester et les femmes qu'il a déçues. Mais une horde d'opportunistes — des apparatchiks devenus artistes aux dissidents faisant de l'oeil à l'Occident — le retarde sur son chemin de croix. Publié dans la clandestinité en 1979, ce roman transforme la tragédie en comédie noire. Précurseur de la lame de fond qui traversera la société polonaise, La petite apocalypse annonce le mouvement Solidarnosc qui emportera un régime à bout de souffle.