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Les chroniques d'Alain Daill-Labaye

Pas folle la guêpe

Guêpe

L’histoire débute au printemps. En avril, la Reine, ayant dormi tout l’hiver, s’éveille. Immédiatement, elle se met à l’ou­vrage : Elle construit le premier rayon de ce qui deviendra un nid. Elle y dépose les premières larves, les ouvrières, insectes asexués qui ont pour vocation l’intendance. Deux missions : Agrandir et compléter les infrastructures de la colonie et veil­ler au bon fonctionnement de l’économat, no­tamment en ce qui concerne l’approvisionnement en nourriture de la commu­nauté.
La construction du nid de guêpes obéit à des règles précises. Chaque rayon se compose de cellules hexagonales. Les femelles et la plupart des mâles logeront dans les cellules les plus spa­cieuses. Les plus exiguës seront réservés aux ouvrières ainsi qu’à quelques mâles sans que l’on sache exacte­ment sur quels critères repose l’at­tribution des logements. De tailles diverses, les co­lo­nies peuvent compter des dizaines de milliers d’insectes, danger dans le cas des guêpes germaniques que l’on trouve plus fréquem­ment dans le Nord; plus raisonnables, les commu­nautés de guêpes polistes, que l’on rencontre dans nos régions et qui ne re­groupent que quelques centaines d’individus. En Dor­dogne, on les appelle Longues pattes.


Pour construire leur nid, les guêpes utilisent un matériau particulier. A l’aide de leur salive, après avoir raclé l’écorce des arbres, elles transforment les fines particules recueillies en un étonnant papier. C’est ainsi que Réaumur, - qui n’est pas qu’une station de Métro - chimiste et naturaliste du XVIIIe, observant les petits insectes, proposa de remplacer les vieux chif­fons par du bois afin de confectionner le papier. Dans chaque cel­lule, la Reine dépose un œuf. Mâles et femelles éclosent en été. Les ouvrières nourris­sent les larves avec des aliments prémâ­chés. L’automne venu, les femelles hibernent. A l’approche de l’hiver, mâles et ou­vrières meurent.
Nuisibles les guêpes ? Certainement pas. Chaque jour, une colonie consomme des milliers de chenilles et de mouches. Dangereuses ? Sûrement. Chaque année, l’arrière-saison venue, les journaux se font l’écho d’accidents, parfois mortels, cau­sés par des piqûres. Une chose est certaine : Pas folle la guêpe, elle ne pique que si elle se sent menacée.

A Daill-Labaye