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Les chroniques d'Alain Daill-Labaye

Coucou.

Coucou

Deux notes suffirent à Beethoven pour évoquer le printemps dans la Symphonie Pastorale. Avec le hautbois, la caille car­caille et répond au coucou qui vibre par l'anche de la cla­rinette. La nature s'éveille et le chant de l'invisible oiseau n'est plus qu'un rêve sonore. Pourtant, le chant se prolonge et de­vient un cri amoureux. L'appel redouble. Une troisième syllabe s'a­­l­an­guit. Le mâle, au plumage gris, hèle la femelle. On n'en­tendra que leurs voix. On ne les verra jamais. Ils ont élu do­micile, loin de la lisière du bois, au sommet de la colline, là-bas.
Étranges oiseaux que ces cuculus ! La femelle se pose sur la plus haute branche de l'éminence. De son perchoir, elle res­semble à l'épervier qui guette une proie. En réalité, elle dresse un état des lieux des domiciles et des couvées de tous les pas­se­reaux qui se trouvent sur son territoire. Elle choisit un nid et, dans la volée, évalue les qualités des futurs parents adoptifs. Son choix effectué, après avoir maintes fois pesé le pour et le contre - ce troglodyte me paraît bien agité comparé à la bon­homie de ce rouge-gorge -, elle attend que les parents oiseaux aillent faire leurs courses.

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